Bref, après cette visite particulièrement intéressante (j'adore visiter les sites industriels) d'une usine parmi les plus modernes d'Europe, retour à Vienne en vol privé avec, en guise de clôture de cette journée, une place pour la demi-finale de la coupe d'Europe de balle au pied 2007+1 (il parait que si on écrit Euro2008 on peut avoir des ennuis et... ah, attendez, on sonne justement à la porte…). J'avoue que le foot ne m'intéresse pas plus que ça mais qu'à l'occasion des grands événements je partage volontiers un écran avec des amis, histoire de verber sur quelque chose où tout le monde se retrouve et sur lequel chacun peut dire quelque chose. Il m'arrive même, très ponctuellement, d'aller au stade à Rennes en début de saison, pendant mes vacances, pour voir un match dans lequel Rennes se fait écraser par son adversaire, adversaire qu'il battra d'ailleurs généralement au match retour sur son propre terrain. Bref.
Je mesure néanmoins ma chance d'avoir ce précieux sésame en poche (valeur faciale, beaucoup trop de centaines d'euros) et, surtout, d'accéder au stade dans des conditions très privilégiées. Transport en bus presque au contact du stade après un dîner rapide dans un hôtel de Vienne, place de choix, grosso-modo au dixième rang (à Vienne, c'est presque comme si on marchait sur la pelouse), juste ce qu'il faut pour ne pas être mouillé par l'orage qui se déchaîne à peine mes fesses posées sur le siège.
Durant ce match, j'étais accompagné par plusieurs confrères européens, dont des Espagnols. Moi qui parle deux mots d'espagnol, et encore, j'ai été servi. Assis juste derrière moi, ils ont débité insulte sur insulte envers les joueurs russes et les arbitres, ces derniers m'ayant pourtant semblé pour le coup particulièrement bien inspirés pendant la rencontre et, d'ailleurs, quasiment jamais contestés dans leurs décisions. Au rang juste devant moi, quelques caricatures de nouveaux riches russes ont pris place. Un monsieur presque discret accompagné d'un fil de fer perroxidé vêtu de blanc strassé et de rose flashy ont à peine échangé trois mots de tout le match. Claquer quelques grosses centaines d'euros pour s'ennuyer 2 heures, faut pouvoir…
Certes, la première mi-temps était un peu ennuyeuse. Mais à la deuxième, ce fut un festival. 1, 2 et 3 buts espagnols marqués ont déridé l'ambiance du stade. Pendant ce temps, les hôtesses de l'agence chargées de nous accompagner faisaient passer les godets de bière sans alcool et si les toilettes avaient pu venir à nous, il est certain qu'elles se seraient débrouillées pour nous les apporter aussi.
Fin du match, retour à l'hôtel. Petite traversée de Vienne en bus : les rues sont presque calmes, mais le déluge de pluie qui s'abat sur la ville y est sans doute pour quelque chose. Retour au bar de l'hôtel, où l'ambiance est mortelle. Quelques russes éponges leur tristesse : na zdarovié ! Je trinque avec l'un d'eux, il me reste au moins ça du russe que j'ai appris à l'école. Avec mes collègues et Xavier, le RP de Kia qui nous accompagne, nous commandons une bouteille de vin. Vite finie. L'ambiance ne s'améliore pas. Rideau, je vais me coucher. Même si j'étais plutôt pour l'Espagne et que donc je suis content du résultat sportif, de là à fêter ça, il y a un pas que je ne peux vraiment pas franchir.