Pour les lecteurs qui n'en ont pas conscience, sortir à Paris un vendredi soir lorsqu'on se meut en troupeau composé exclusivement de mâles est une chose quasiment impossible. J'entends par sortir "faire autre chose que rentrer chez soit après un bon dîner". Bref, mes amis et moi avions décidé, une fois n'est pas coutume, de sortir en boîte. Parmi eux, deux avaient déjà eu l'occasion de passer une bonne soirée au Showcase, une boîte assez nouvelle située sous le Pont Alexandre III. Qui dit boîte nouvelle dit souvent boîte à la mode, physio intraitable et attente interminable pour se voir refouler. Hors de question que ça puisse se passer comme cela.
Par chance, une très bonne amie à moi a des relations et il me fut finalement facile de me faire inscrire sur une liste d'invités à bien traiter. Ce qui fut le cas, je dois le dire.
Arrivé sur les lieux (l'endroit est magnifique), je me suis souvenu que c'est dans cette boîte que les jeunes UMP alcoolisés avaient fêté la victoire de Sarko le 6 mai dernier. Ça aurait d'ailleurs pu être une raison de ne pas mettre les pieds là bas ! Par coincidence, en début de cette semaine, j'étais convié à essayer une nouvelle auto et le constructeur était bien décidé à créer l'événement. Après les essais, l'apéro et le dîner, nous étions donc conviés, mes confères et moi-même, à nuiter au Fouquet's Barrière, nouveau Palace parisien sis sur les Champs Élysées et endroit où le Président avait dansé sur les tables le soir de son élection avant que lui et Madame n'y fassent chambre à part et que lui ne parte sur le Paloma à Malte. "Vis ma vie de Sarkozy" me suis-je dit. Et franchement, c'est amusant. D'autant plus amusant quand on est journaliste fauché. Je dois malgré tout dire que le Fouquet's Barrière est un très bel hôtel, que le personnel y est adorable et bien formé, ce qui n'est que trop rarement le cas de nos jours dans l'hôtelerie de luxe que j'ai de temps en temps la chance de fréquenter. Ici, le personnel ne se prend pas pour la star, n'a pas un regard condescendant sur le client et le traite avec tous les égards, qu'il soit petit ou grand (en taille ou socialement). Je ne sais pas comment s'y est comporté le Nain de l'Élysée (rien de personnel…), mais je n'ai pas hésité à laisser un pourboire à la jeune fille qui m'a guidé vers ma chambre, tout comme au voiturier qui m'a rapporté mon auto le matin de mon départ. Si elle avait été lavée, ça aurait valu 21/20. Normal ? Oui, peut-être, mais c'était de toute façon mérité.
Bref, je ne sais pas si le Fouquet's est véritablement un palace, mais c'est un très bon hôtel. Et quelle sensation de dormir sur les Champs-Élysée, dans un silence parfait et un lit grand comme un appartement.
En partant, je jette un œil sur la porte de "ma" chambre : "Executive Room, 910 €".
"Allo, Vincent Bolloré ?"