10 janvier 2008

M. LE PETIT
Groupe LACTALIS
Service Marketing et Commercial
Boulevard ARAGO - ZI les Touches 
53093 LAVAL cedex 9

Cher LE PETIT,
Depuis ma plus tendre enfance vous nourissez mes fins de repas, à tout le moins une bonne partie d’entre elles. Je me souviens de mon père qui, dans les années 1980 alors que je n’étais qu’un pré-adolescent, ouvrait la boîte en s’amusant du slogan de l’époque qui voulait qu’à 115 ans, Le Petit fasse encore des petits.

Sans être naïf, je sais que la publicité veut vendre de l’authentique là où il n’y en a pas, mais Le Petit avait jusqu’alors toujours respecté une tradition, celle de faire du Camembert au lai cru. D’ailleurs, il y a quelques années, lorsqu’une alerte sanitaire avait souillé votre nom, je n’achetais volontairement plus que du Le Petit, comme pour entrer en résistance face au discours alarmiste qui ne manque jamais d’être propagé à ces occasions.

Pour des raisons qui m’échappent mais qui sont certainement stupides car forcément dictées par des considérations économiques, vous avez souhaité cesser l’utilisation de lait cru dans ce camembert, que j’appellerai donc désormais fromage. Votre fromage Le Petit est donc au lait thermisé. Après tout, c’est votre droit, vous possédez la marque. Ce qu’en revanche je ne vous reconnais pas le droit de faire, c’est de vouloir aligner les appellations d’origine sur votre volonté marketteuse. Vous ne voulez plus faire de camembert, libre à vous. Mais ne demandez pas à ceux qui défendent l’authenticité de se mélanger à vos désormais insipides produits industriels.

Pour ma part, vous l’avez compris, je n’achèterai plus Le Petit et je veillerai à ce qu’aucun produit Lactalis n’entre dans mon réfrigérateur. Enfin, il y a fort à parier que j’engage une campagne de boycott à ce sujet. Comprenez bien que je me fiche de payer mon Camembert au lait cru 1 euros plus cher, pourvu qu’il soit au lait cru. Et mon fromager n’en sera que plus heureux.

Update : 12/03/2008 : Le Camembert sur le point d'être sauvé. Selon ce que je lis sur un blog, la demande de ces vilains industriels est sur le point d'être rejetée. Ouf ! On va voir si leurs considérations pseudo sanitaires tiennent encore longtemps où s'ils reviennent au lait cru. Gniark gniark !