Essai : Honda CRV 2,2 i-CTDi

J'ai emprunté le CRV au parc presse de Honda. En début d'été, la RP de Honda France, Aurélie, me passe un petit coup de fil histoire de prendre des nouvelles. C'est une dame charmante qui pratique le vouvoiement (rare dans ce métier) et prend sa charge très à cœur. J'ai appris quelques jours auparavant que l'ancien bourreau qui a fait office de patron de la branche auto chez Honda France s'est fait mettre dehors et je suis ravi pour Aurélie, ainsi que tous les autres. Honda est une marque que j'affectionne. J'ai eu trois Honda par le passé. Bref, je reçois ce coup de fil d'Aurélie qui me rappelle qu'il y a des voitures en parc presse à essayer. C'est qu'un peu à la dèche, Honda France n'a pas organisé de présentation depuis pas mal de temps et que, du coup, rares sont les confrères à avoir pu essayer les nouveautés. Je réserve donc un CRV pour la fin de l'été. Et il y a quinze jours, fin août, j'emmène ma petite famille en week-end à bord du CRV, version 2007.
Le modèle qu'on m'a confié est motorisé par le 4 cylindrs diesel 2,2 l. i-CTDi. Malgré ses trois ou quatre ans, il demeure l'un des meilleurs 4 cylindres diesel du marché. Il est souple, ne vibre pas, généreux à bas régime et relativement sobre. Côté niveau sonore, il est bien contenu, même si le CRV n'est pas aussi silencieux qu'une Accord. Jusqu'à la vitesse légale de 130 km/h, le bruit est bien maîtrisé à bord. Au delà, roulement et moteur commencent à durcir l'ambiance sonore mais tout cela demeure finalement acceptable.

À bord, justement, la finition du CRV est très nettement en progrès. Même si j'ai hérité d'une finition haut de gamme, le cuir est de très belel qualité, l'équipement des plus complets avec navigation à écran tactile, caméra de recul, clim séparée, régulateur de vitesse adaptatif (qui détecte les véhicules et freine l'auto de lui-même pour maintenir une distance de sécurité), etc. Il y a un connecteur Aux-in pour mon iPod dans le rangement sous l'accoudoir central et la sonorisation est de bonne facture (comme c'est généralement le cas chez Honda d'ailleurs). Pour la lumière, un double toit vitré (mais pas ouvrant) illumine l'intérieur. En revanche, carton rouge pour l'éclairage d'ambiance à l'arrière qui se limite à un plafonnier très bas de gamme, impossible à utiliser la nuit sans gêner le conducteur de surcroît. À l'arrière, l'espace pour les jambes est au dessus de la moyenne. Si l'on veut agrandir le volume du coffre, on peut néanmoins toujours avancer la banquette qui est séparée 1/3-2/3. Dans le coffre, justement, latablette intermédiaire me paraît pas très utile et surtout malpratique à l'usage. Elle supporte une dizaine de kilo. La roue de secours à quitté la porte arrière, devenue hayon, pour se loger sous le coffre. Exit aussi la table de camping logée dans le coffre et qui faisait l'originalité du CRV de génération précédente.

Sur la route, j'ai trouvé le CRV très sain. Son moteur est volontaire et envoie son couple dès les plus bas régime (il n'y a pas ce creux qui distingue les TDI VW sous 1500 tours). Le comportement routier est sûr. La transmission se fait prioritairement sur les roues avant, un dispositif régule la répartition du couple en fonction de l'adhérence et l'envoie surles roues arrières en cas de besoin. Pas de blocage de différentiel : le CRV est un tout terrain, mais pas un franchisseur. Dommage, c'eût été un bon moyen de se distinguer (le Suzuki Vitara propose ce dispositif).
J'ai oublié de parler de la ligne du CRV. Elle joue autant des arrondis que l'ancien modèle était anguleux. Ce n'est pas toujours heureux. Par exemple, je n'aime pas trop l'ensemble capot-optique-bouclier avant. Ça lui donne un profil est un peu torturé. En revanche, sous certains angles, il peut sans problème revendiquer son statut de premium que vise la marque Honda avec ses modèles. L'impression est d'autant plus renforcée que les vitres latérales sont enjolivées de chromes. Si on y ajoute l'option "privacy" (vitres surteintées à l'arrière), on y est complètement.