…La gamme Mazda
Par Alias le vendredi, 13 juillet 2007, 22:05 - Automobile - Lien permanent
Certains constructeurs japonais organisent de temps en temps des
présentations de gamme complète. C'est souvent l'occasion de se mettre à niveau
et découvrir des véhicules que l'on a jamais eu l'occasion d'essayer sur des
présentations. C'est également un bon moyens de s'amuser, le programme étant
souvent ponctué de défis et autres jeux pour grands enfants.

Essai : gamme Mazda
Lieu : Circuit de Mortefontaine (France)
Hôtel : Novotel Roissy
L'essai se passe sur le circuit de Mortefontaine. C'est une base d'essai
très prisée des constructeurs. Très sécurisée, l'infrastructure possède un
anneau de vitesse (construit il y a une dizaine d'année), une aire plane de
77000 m2, un circuit routier et même quelques bosses pour faire un peu de
franchissement. Le terrain est donc parfait pour essayer tout type de
véhicule.
Chez Mazda, la gamme actuelle s'étend de la compacte (Mazda 3) au 4x4 (BT-50)
en passant par le monospace (Mazda 5 MPV), le coupé sport (RX8), la familiale
(Mazda 6) et le roadster (MX5). Prochainement, la Mazda 2 fera son entrée sur
la base de la future Ford Fiesta (Mazda est détenu pour un tiers par
Ford).
La journée d'essai a été décomposée en trois sessions. L'une sur le circuit
routier où chaque voiture pouvait être essayée à tour de rôle, une autre sur
l'anneau de vitesse à bord du RX-8 et en 4X4 en BT-50 et, enfin, une troisième
sur l'aire plane pour un concours de drift en MX-5. Essais routiers pour
commencer, donc. Passer d'un véhicule à un autre sur un parcours fermé sur
lequel on a envie (et tendance) à fortement alourdir son pied droit est très
amusant quand on en est à se mettre au volant d'une 3 MPS (260 chevaux), d'un
RX-8 (230 chevaux et moteur rotatif) ou d'un MX-5. C'est frustrant quand on
passe à la berline diesel ou au monospace compacte modestement motorisé, au
mazout qui plus est. Summum de la frustration : alors qu'il est demandé de
respecter une attente de 30 secondes entre chaque départ, si vous avez le
"malheur" de partir en dernier à bord d'une 5 MPV et que vous êtes devancé par
un RX-8, le régulateur vous fait gentiment signe d'y aller, quasiment sans
marquer le stop. "Il y'a peu de chance que vous le rattrapiez". Merci,
je sais. Grrrr.
Mon trio de tête sur le routier : RX-8, 3 MPS et MX-5. Les voitures ont
chacune leurs défauts et qualités propres. Le RX-8 a une gueule d'enfer, un
moteur qui hurle dans les tours, les roues arrières motrices et l'ambiance à
bord est très sympa, avec ses 4 places et ses portes antagonistes. Ses
défauts : une accélération pas si phénoménale que ça en sensation, des
freins qu'il faut aller chercher "au fond" et un petit manque de précision dans
le volant. La 3 MPS est une bombe (260 chevaux…) mais peine à faire passer la
puissance sur ses seules roues avant. La liaison au sol mériterait mieux. la
voiture tient impeccablement la route, mais prend un léger roulis, gênant pour
le maintien. Bon, on est pas des pilotes, on fait avec et on ne va pas aux
limites. Quant au RX-5, c'est un roadster génial, indémodable, mais servi par
un moteur un poil en dessous de ce qui lui faudrait pour offrir des sensations
dignes de ce nom. C'est une propulsion, avec le comportement capricieux qu'on
aime sur ce genre de voiture.
Et maintenant, le drift. Il s'agissait là d'un exercice amusant consistant à
effectuer un petit slalom puis une entrée en virage sur une partie à
l'adhérence volontairement altérée sur laquelle il convenait de marquer une
légère accélération et un coup de volant pour viser une porte. Le but du
jeu : maîtriser la dérive du train arrière et passer la porte dans le bon
sens. Dois-je dire qu'à ce petit jeu j'ai gagné le challenge du jour ?
C'est le genre d'exercice que j'apprécie. Bien qu'encore une fois je rappelle
que je n'ai rien d'un pilote. Mais à force d'en faire régulièrement, les bases
finissent par entrer et les réflexes corrects aussi.
Restait l'anneau de vitesse et le 4x4. Exercice un peu frustrant car
l'anneau de Mortefontaine requiert des abilitations particulières pour passer à
grande vitesse au niveau supérieur de l'anneau. L'instructeur nous demanda donc
de ne pas dépasser le 170. Il devait s'ennuyer comme un moniteur d'autoécole.
Mais il n'empêche qu'il connaissait son job. Sans voir le tachymètre numérique
de la RX-8, il su que je prenais quelques liberté (à peine 10 km/h) avec les
consignes. Consolation : ma victoire au drift m'a donné droit à trois tour
à haute vitesse, mais en passager. La RX-8 plafonne à 240 km/h mais sur un
anneau, les sensations sont décuplées, notamment à cause de la force
centriguge. Sur ce même anneau, j'avais eu l'occasion de prendre 270 km/h en
Porsche Boxster S. À cette vitesse, le revêtement légèrement bosselé de la
structure nous donne une idée de ce que peut ressentir un "bosseur" sur une
piste noire. Le souffle a tendance à devenir court et il est presque impossible
de lever le bras. Quant au 4x4, il s'agissait juste de vérifier les capacité de
franchissement et de passage en dévers avec le BT-50, le cousin du Ford Ranger.
L'engin est rustique et détonne avec les 4x4 ou SUV de luxe qui, s'ils sont
également de vrais francisseurs, tout est automatisé. On prend vite de
mauvaises habitudes et se refaire une modestie avec une boîte manuelle et sans
assistance ne fait pas de mal.
La journée s'est achevée par un barbecue dans le pavillon du circuit avec la
douce voix de Gwenaelle, la chanteuse aux allures d'Uma Thurman réquisitionnée
pour l'occasion. Il y a pire comme métier.