Essai : gamme Mazda
Lieu : Circuit de Mortefontaine (France)
Hôtel : Novotel Roissy

L'essai se passe sur le circuit de Mortefontaine. C'est une base d'essai très prisée des constructeurs. Très sécurisée, l'infrastructure possède un anneau de vitesse (construit il y a une dizaine d'année), une aire plane de 77000 m2, un circuit routier et même quelques bosses pour faire un peu de franchissement. Le terrain est donc parfait pour essayer tout type de véhicule.
Chez Mazda, la gamme actuelle s'étend de la compacte (Mazda 3) au 4x4 (BT-50) en passant par le monospace (Mazda 5 MPV), le coupé sport (RX8), la familiale (Mazda 6) et le roadster (MX5). Prochainement, la Mazda 2 fera son entrée sur la base de la future Ford Fiesta (Mazda est détenu pour un tiers par Ford).
La journée d'essai a été décomposée en trois sessions. L'une sur le circuit routier où chaque voiture pouvait être essayée à tour de rôle, une autre sur l'anneau de vitesse à bord du RX-8 et en 4X4 en BT-50 et, enfin, une troisième sur l'aire plane pour un concours de drift en MX-5. Essais routiers pour commencer, donc. Passer d'un véhicule à un autre sur un parcours fermé sur lequel on a envie (et tendance) à fortement alourdir son pied droit est très amusant quand on en est à se mettre au volant d'une 3 MPS (260 chevaux), d'un RX-8 (230 chevaux et moteur rotatif) ou d'un MX-5. C'est frustrant quand on passe à la berline diesel ou au monospace compacte modestement motorisé, au mazout qui plus est. Summum de la frustration : alors qu'il est demandé de respecter une attente de 30 secondes entre chaque départ, si vous avez le "malheur" de partir en dernier à bord d'une 5 MPV et que vous êtes devancé par un RX-8, le régulateur vous fait gentiment signe d'y aller, quasiment sans marquer le stop. "Il y'a peu de chance que vous le rattrapiez". Merci, je sais. Grrrr.
Mon trio de tête sur le routier : RX-8, 3 MPS et MX-5. Les voitures ont chacune leurs défauts et qualités propres. Le RX-8 a une gueule d'enfer, un moteur qui hurle dans les tours, les roues arrières motrices et l'ambiance à bord est très sympa, avec ses 4 places et ses portes antagonistes. Ses défauts : une accélération pas si phénoménale que ça en sensation, des freins qu'il faut aller chercher "au fond" et un petit manque de précision dans le volant. La 3 MPS est une bombe (260 chevaux…) mais peine à faire passer la puissance sur ses seules roues avant. La liaison au sol mériterait mieux. la voiture tient impeccablement la route, mais prend un léger roulis, gênant pour le maintien. Bon, on est pas des pilotes, on fait avec et on ne va pas aux limites. Quant au RX-5, c'est un roadster génial, indémodable, mais servi par un moteur un poil en dessous de ce qui lui faudrait pour offrir des sensations dignes de ce nom. C'est une propulsion, avec le comportement capricieux qu'on aime sur ce genre de voiture.

Et maintenant, le drift. Il s'agissait là d'un exercice amusant consistant à effectuer un petit slalom puis une entrée en virage sur une partie à l'adhérence volontairement altérée sur laquelle il convenait de marquer une légère accélération et un coup de volant pour viser une porte. Le but du jeu : maîtriser la dérive du train arrière et passer la porte dans le bon sens. Dois-je dire qu'à ce petit jeu j'ai gagné le challenge du jour ? C'est le genre d'exercice que j'apprécie. Bien qu'encore une fois je rappelle que je n'ai rien d'un pilote. Mais à force d'en faire régulièrement, les bases finissent par entrer et les réflexes corrects aussi.

Restait l'anneau de vitesse et le 4x4. Exercice un peu frustrant car l'anneau de Mortefontaine requiert des abilitations particulières pour passer à grande vitesse au niveau supérieur de l'anneau. L'instructeur nous demanda donc de ne pas dépasser le 170. Il devait s'ennuyer comme un moniteur d'autoécole. Mais il n'empêche qu'il connaissait son job. Sans voir le tachymètre numérique de la RX-8, il su que je prenais quelques liberté (à peine 10 km/h) avec les consignes. Consolation : ma victoire au drift m'a donné droit à trois tour à haute vitesse, mais en passager. La RX-8 plafonne à 240 km/h mais sur un anneau, les sensations sont décuplées, notamment à cause de la force centriguge. Sur ce même anneau, j'avais eu l'occasion de prendre 270 km/h en Porsche Boxster S. À cette vitesse, le revêtement légèrement bosselé de la structure nous donne une idée de ce que peut ressentir un "bosseur" sur une piste noire. Le souffle a tendance à devenir court et il est presque impossible de lever le bras. Quant au 4x4, il s'agissait juste de vérifier les capacité de franchissement et de passage en dévers avec le BT-50, le cousin du Ford Ranger. L'engin est rustique et détonne avec les 4x4 ou SUV de luxe qui, s'ils sont également de vrais francisseurs, tout est automatisé. On prend vite de mauvaises habitudes et se refaire une modestie avec une boîte manuelle et sans assistance ne fait pas de mal.
La journée s'est achevée par un barbecue dans le pavillon du circuit avec la douce voix de Gwenaelle, la chanteuse aux allures d'Uma Thurman réquisitionnée pour l'occasion. Il y a pire comme métier.