Essai : VW Passat BlueMotion
Lieu : région de Berlin
Hôtel : non
Charmante attention : non
Déjeûner : bof

Je ne vais pas faire un long texte sur la Passat, vous la connaissez déjà. Cette version BlueMotion, extérieurement, reprend les appendices esthétiques de la version Carat. Aperçue dans un rétro, l'illusion est parfaite. Intérieurement, ce n'est en revanche pas une Carat, mais il n'y a pas de quoi trop rougir de son équipement. La BlueMotion est disponible en deux versions conçues sur les bases Trend et Confort auxquelles ont été ajoutés quelques éléments techniques, esthétiques et de confort. Ainsi, cette fameuse calandre Carat, mais aussi des baguettes latérales, les rétro électriques et dégivrants et un filtre à particules. La version Confort propose quelques équipements supplémentaires.
Côté mécanique, VW a repris l'inusable TDI 105 chevaux, mais l'a accolé à une boîte plus longue. C'est principalement sur cette longueur de boîte que VW réalise le gain en performance (la vitesse de pointe est améliorée de 5 km/h) et en consommation, donc rejet de CO2 (136 g/km). Le reste s'obtient par des aménagements dans le logiciel de gestion moteur, notamment sur le ralenti (abaissé de 100 tours/minutes), et sur un afficheur conseillant le rapport à engager pour réaliser la meilleure performance en terme de rendement. Derniers détails, la caisse a été rabaissée de 15 mm à l'avant et 8 mm à l'arrière, ce qui non seulement lui donne un look plus agressif mais améliore aussi le Cx, tandis que la monte pneumatique (surgonflée de 0,4 bar) utilise des produits offrant une meilleure résistance aux frottements.
Croyez-le ou pas, mais le cocktail est étonnament efficace. Sur un parcours routier d'un peu plus de 200 km, "mon" auto m'a gratifié d'une conso moyenne de 5,1 litres (relevés à l'ordinateur de bord). Pile-Poil ce que VW indique dans ses chiffres, le tout sans toujours jouer le jeu de la souplesse, histoire de mettre la bestiole à l'épreuve. Et contrairement à ce que je croyais arbitrairement, 105 chevaux suffisent largement à rouler dans de bonnes conditions avec une Passat. Les 250 Nm de couple n'y sont sans doute pas étrangers. Quoiqu'il en soit, les 193 km/h qu'elle affiche en pointe suffisent à perdre son permis. Mais sur une autobahn allemande, ils sont atteints sans peine.
L'autre réalité de cette voiture, c'est qu'elle n'a, en France, de sens que pour une entreprise. Le surcoût à l'achat est en effet rentabilisé après à peine plus d'un an d'utilisation de par le gain en taxe qu'elle permet par rapport à la version TDI 105 classique. Mais pour un particulier, il faut compter quasiment dix ans !
Avec son "label" BlueMotion, VW oriente son discours de façon très politique et en profite aussi pour rappeler que : 1) l'automobile pollue, certes, mais n'est pas la seule cause (ce qui est vrai)
2) que le constructeur produit 13 modèles consommant moins de 4,9 l/100 et 81 en tout à moins de 6 litres
3) que les orientations de Bruxelles mettent le client entre le marteau et l'enclume, jugeant les délais pour parvenir aux réductions de rejets demandés bien trop courts (ce qui se défend également).
Pour l'avenir, VW vise les carburants issus de la biomasse et prépare également une hybridation du Touareg (avec Porsche). Concernant la biomasse, je ne sais pas qui en penser. L'idée de remplacer le pétrole par les arbres me laisse pessimistement imaginer qu'on finira par déforester à outrance pour faire rouler des voitures. J'aimerai qu'on me donne tort sur ce coup là…

La voiture
Modèle essayé : passat BlueMotion
Moteur, transmissions : diesel 1,9 L. turbo, boîte manuelle 5 rapports
Catégorie : berline ; Prix de base : 24380 €
Sensations : très correctes (4/5)
Qualité de finition : bonne : 4/5
Confort : correct
Note globale dans le genre : 8/10