Après avoir accompli mon devoir civique relativement tôt dans la petite commune de seine-et-marne où j'ai conservé une adresse (je vais quand même devoir songer à changer tout ça…), je rentre sur Paris où j'ai un barbecue à préparer. Et puis, après un déjeuner tardif, j'entame le tour des informations et prends la température. Des amis à Bordeaux organisent un après-midi "jeux et citoyenneté" où sont conviés quelques proches à faire la fête avant l'annonce des résultats. Marc, un confrère, m'appelle vers 16h30 pour me donner la première tendance dont il a eu vent : Sarkozy 27, Royal 23. Je n'ai pas d'info sur le troisième, ni le quatrième, mais une demi-heure plus tard, le Ministère de l'intérieur publie la participation à 17 heures : près de 74 %. À ce moment là, pour moi, il ne fait plus de doute que l'ordre des deux premiers est figé. Malgré tout, je scrute le web et repasse quelques coups de fil. Marc me redonne des estimations que je confronte avec celles que j'ai glanées de mon côté : plus de doute, la peur grégaire du 21 avril 2002 a amené les citoyens à placer UMP et PS au second tour et les extrêmes sont laminés. Bayrou est le 3è homme.
À 19 heures, je reçois un SMS en provenance d'un ami œuvrant chez Ipsos : Sarko premier, Royal deuxième, Bayrou troisième, Le Pen quatrième.
Plus que l'ordre, c'est le score de ce dernier qui frappe. Moins de 11 %. Ça veut simplement dire qu'une fois encore les instituts de sondage n'ont pas vu ce qui allait se produire et, jusque durant les enquêtes "sorties des urnes", ont continué à le mettre bien plus haut que ça (jusqu'à 14-15 %). Il serait temps, messieurs les sondeurs, que vous revoyiez vos méthodes de redressement. Ce sera de toute façon nécessaire : avec Bayrou à 19 %, les législatives s'annoncent passionnantes !