Lieu : Désert d'Agafay, Maroc
Hôtel : La Pause Aménités : minimales
Charmante attention : l'endroit… magique
Dîner : convivial

C'est la première fois que je conduisais un Cayenne. Mon seul point de référence, c'est le Touareg. Même base, même technologie, même électronique. Évidemment, les moteurs ne sont pas les mêmes. Porsche ne propose pas de diesel (merci !) et débute sa gamme avec un V6 de 290 chevaux pour la finir sur un V8 turbo de 500 chevaux. Entre les deux, le V8 atmosphérique de 385 chevaux est le modèle que j'ai essayé.
À quelques minutes de l'aéroport de Marrakech où Colas le RP de Porsche nous accueille, l'équipe de Novateam nous attend avec les voitures, un petit thé à la menthe et le briefing de base sur ce qu'implique la conduite au Maroc.
Ce que j'aime avec Marrakech, c'est que dès la ville passée, les paysages magnifiques commencent déjà à imprimer le décor. Vers le sud où nous allons, se dessinent l'Atlas avec ses neiges éternelles. Au détour d'un virage, le paysage change du tout au tout. Si par endroit on a l'impression d'être dans des gorges provençales, quelques kilomètres plus loin c'est un désert de pierrailles qui nous attend sans nous laisser loisir de nous y accoutumer car très vite arrive une végétation presque tropicale, qui elle même laissera sa place à un nouveau désert… À en oublier qu'on est là pour essayer une voiture !
Séquence… écolo
Extérieurement, ce nouveau Cayenne change peu. Calandres et optiques avant et arrière constituent les plus visibles des évolutions. Comme sur le Touareg, le Cx (0,35) y gagne, l'esthétique à peine. Les plus grosses évolutions sont à chercher sous le capot avant. Chaque motorisation gagne en couple et en puissance. 40 chevaux pour le V6, 45 chevaux pour le V8 et 50 chevaux pour le V8 Turbo. Dans le même temps, l'adoption de l'injection directe d'essence (DFI) fait baisser le poids des moteurs et réduit la consommation de 15 % d'après les documents techniques. Évidemment, dans des conditions de circulation inhabituelles, ces chiffres sont impossibles à vérifier et des mesures sérieuses d'imposeront. Mais qu'on se le dise, l'écologie est un sujet que même Porsche prend au sérieux. Et à l'instar de VW et du Touareg, un Cayenne hybride est prévu pour 2010 avec à la clé la promesse d'une conso moyenne de 9 litres ; la future Panamera sera également conçue pour recevoir une transmission hybride. Par ailleurs, les moteurs actuels acceptent jusqu'à 25 % d'ethanol dans leur carburant. Bref, tout ça n'empêche pas pour l'instant l'administration de coller la mention Véhicule polluant sur la carte grise de la bête. Mais le parc roulant étant finalement très faible, on peut considérer que Porsche n'est pas le problème majeur de l'écologie.
À l'intérieur, la finition est sérieuse mais pas vraiment meilleure que celle d'un Touareg. À vrai dire, sur certaines versions, des plastiques font toc. L'ergonomie est bonne, l'insonorisation correcte, même si on aimerait profiter un peu plus du son du V8. Question confort, j'ai été un peu déçu par l'assise. Je l'ai trouvé trop étroite au niveau du siège et manquant de maintien latéral au niveau du dossier. Impression partagée par mon co-pilote du jour. On est à mille lieues de ce que l'on trouve dans un Cayman, par exemple. Certes, ce n'est pas le même type de véhicule, mais on a le droit de vouloir être bien assis dans une voiture de ce standing. Aux places arrières, prévoyez deux personnes maximum. La place centrale n'a rien de confortable, mais ce n'est pas propre à Porsche. La plupart des constructeurs n'y prêtent pas la même attention qu'aux autres.
Sur la route, le V8 est tonique. Pour en profiter au mieux, j'ai préféré utiliser le mode Sport de la boîte Tiptronic. Le passage des rapports est plus vif. Ce mode sport adapte par ailleurs la hauteur de caisse et la raideur des suspensions à une conduite plus agressive. Mais il faut relativiser le terme de raideur. Pas question de reproduire des sensations de coupé-sport. Cela dit, la tenue de route est impeccable. "Mon" Cayenne était en plus doté d'un dispositif anti-rouli plutôt efficace. Dans les courbes, l'accélération latérale est compensée jusqu'à 0,6G, le Cayenne vire à plat. Côté performances, il y a de quoi perdre tous ses points d'un seul coup. La vitesse de pointe du V8 dépasse les 250 chrono, le 0 à 100 est avalé en à peine plus de 6 secondes. Pour info, le modèle Turbo fait l'exercice en 5,1 secondes et s'envole jusqu'à 275 Km/h !
Franchisseur
Le plus jouissif lors d'essai 4x4, c'est de s'amuser à faire du franchissement avec des engins que personne n'osera sortir de la route en temps normal. Et pourtant, comme son cousin VW, le Cayenne est un vrai franchisseur. Même avec des pneus routes il est possible de se faire plaisir. En outre, son électronique rend la pratique du 4x4 plus facile, même s'il convient de respecter les règles de circonstance. Quand à rouler sur les pistes, l'engin procure une sensation de sécurité qu'il faut savoir tempérer soi même pour ne pas se sortir sur un excès d'optimisme.
Bref, en dehors des sièges et la liste d'options à l'allemande, j'ai trouvé ce Cayenne fort sympatique. Quant à la présentation, je dois féliciter Colas et ses prestataires. Le circuit nous a fit traverser de très beaux paysages sans pour autant trop nous éloigner de la ville ; La Pause, où nous avons logé, est un endroit surnaturel. Perdu dans les dunes de pierre et de glaise, sans électricité, c'est le calme et le dépaysement absolu. Bravo !

La voiture
Modèle essayé : Cayenne S - suspension dynamique
Moteur, transmissions : 8 cyl. 4,8 L. injection directe, transmission intégrale et boîte auto/séquentielle 6 rapports Tiptronic
Catégorie : SUV Luxe ; Prix de base : 53000 €
Sensations (route/4x4) : bonnes (4/5) ; très bonnes (4,5/5)
Qualité de finition : bonne mais perfectible : 3,5/5
Confort : bien
Notes globales dans le genre : 8,5/10