Lieu : Tunis et alentours
Hôtel : La Résidence Aménités : bien
Charmante attention : Montre Suunto Observer
Dîner : bien

Tant pis. Pour les sensations, j'ai eu droit à quelques minutes en RaceTouareg et ça rattrapait bien la pauvreté du parcours. Car ce n'est pas à travers les bouchons matinaux de Tunis, quelques zones industrielles et une dizaine de petits kilomètres sur des chemins de terre et de cailloux qu'on teste un 4x4. À la décharge de l'organisation, on sait aussi très bien que 90 % de la clientèle n'ira jamais chatouiller sa peinture avec autre chose que le pare-choc de la voiture de devant lors d'un créneau en ville. Certes, l'organisation allemande avait prévu un parcours 4x4, mais j'ai failli mourir de rire quand, assis à côté de l'instructeur, j'ai réalisé qu'il n'enchaînait qu'un roulage sur du sable tout à fait pratiquable par le plus commun des engins à quatre roues motrices. C'est dommage car, je le répète, le Touareg est un véritable franchisseur marié à une routière confortable, aussi à l'aise en baroud que sur autoroute. Je n'ai pas pu, du coup, tester le nouvel ABS Plus censé améliorer le freinage en tout terrain. L'idée est de provoquer un micro-blocage des roues qui doit amener à accumuler un petit bourrelet de terre ou sable au devant des pneus afin de mieux ralentir le bébé et ses deux tonnes presque un tiers.
Cet essai m'a donc permis de me focaliser sur autre chose, notamment les quelques nouveautés technologiques proposées sur le véhicule, en plus des détails esthétiques modifiés sur les faces avant (surtout) et arrière (un chouilla). Sur ces dernières, les optiques et la calandre sont pour ainsi dire les seules choses qui changent notablement. VW insiste aussi sur le nouveau dessin des rétro extérieurs et du bequet arrière qui favorise le Cx en lui faisant gagner un centième de point. Parmi les nouveautés, donc, VW a mis la dose au niveau des aides à la conduite. J'ai apprécié le régulateur de vitesse adaptatif qui sait respecter les distances (en fait un intervalle temporel) avec le véhicule qui précère et freiner tout seul aller jusqu'à l'arrêt total de la voiture. Ça fonctionne à merveille et, tant que le Touareg n'est pas à l'arrêt complet, ça permet d'évoluer dans un embouteillage sans jamais avoir à appuyer sur l'accélérateur ou le frein. Outre cela, les rétroviseurs extérieurs disposent d'un système d'alerte qui se matérialise par des petites diodes oranges lorsqu'un véhicule se situe dans l'angle mort ou est rattrapant. En quelques minutes on s'y fait et, là encore, c'est assez efficace. Enfin, j'ai apprécié à sa juste mesure le système audio Dynaudio (une option) qui sonorise l'engin avec 600 watts de puissance et une dizaine de haut-parleurs. J'ai bien aimé aussi le nouveau look de l'écran de l'ordinateur de bord intégré à l'instrumentation. Sa définition est très bonne et sa lecture agréable. La caméra de recul logée au dessus de la plaque d'immatriculation est également une nouveauté, elle affiche une image dans l'écran central. À propos de cet écran, le système de navigation et son écran multifonction, donc, auraient pu eux aussi faire l'objet d'un lifting. Le système de VW fait aujourd'hui un peu cheap par rapport à la concurrence. Il est compliqué, peu ergonomique et qi plus est pas très esthétique.
Dommage également que le seul moteur ayant fait l'objet d'un toilettage est le gros V8 de 4,2L. Il gagne 40 chevaux, consomme 1 litre de moins, mais ne sera pas importé en France faute de clientèle pour ce type de motorisation. Eh oui, sorti du TDI chez nous y'a plus personne. Beurk ! C'est pour cela que j'ai insisté pour essayer une version essence et me suis rabattu sur le V6 qui est un agréable compromis. Silencieux, il a suffisamment de pêche pour reprendre quand c'est nécessaire, est assez souple pour rouler sur un filet de gaz en ville et se marie relativement bien avec la boîte auto. Quant à sa conso, elle est raisonnable mais de toute façon, je me demande en quoi celle-ci peut-être un argument à charge par rapport au diesel. Quand on achète ce genre de voiture, on doit normalement avoir de quoi remplir les 100 litres du réservoir quand ça s'avère nécessaire. Non ?
Au chapitre des motorisations toujours, VW annonce qu'une version hybride verra bientôt le jour mais n'en dit pas plus sur la technologie qu'elle utilisera. Système à la Toyota ou à la Honda ? Essence ou diesel ? Et son prix ? Mystère, mystère et mystère… Enfin, toutes les autres motorisations sont maintenues, y compris le W12 de 450 chevaux.

Sur la route, le Touareg est plutôt plaisant à conduire. (J'en profite pour signaler que l'état des routes tunisiennes est tout à fait convenable, en tout cas dans les environs de Tunis. Je m'attendais à moins bien et mal m'en a pris.) Il prend peu de rouli en virage, se comporte sainement (même si ce n'est pas un BMW X3 bien servi par son xDrive) et est plutôt confortable. On enroule les kilomètres sans trop y penser. Certaines versions disposent d'un châssis sport un peu plus efficace mais je n'ai pas pu l'essayer. Quant aux prestations 4x4, en me basant sur mes expériences passées, j'extrapole une aptitude exemplaire à franchir à peu près tout et n'importe quoi et je ne vois pas trop pourquoi il ferait moins bien que sa première version 2002.

Parler d'un 4x4 n'est en soi jamais simple. En restant objectif, on sait très bien que dans bien des cas ce genre d'auto n'apporte aucune valeur ajoutée à ses propriétaires sinon celle d'avoir un engin plus gros que ceux de la majorité des gens. À moins d'habiter à la montagne ou en zone désertique et rocailleuse, tout le monde se fiche de savoir si son 4x4 sait franchir autre chose qu'un séparateur de couloir de bus. Quant aux pays où ils sont utiles, ces SUV sont aussi bien trop chers pour le commun des autochtones. Pourtant, ça n'empêche pas Volkswagen d'en vendre des wagons. Plus de 300 000 dans le monde en à peine quatre ans.
Toujours en restant objectif, je ne peux pas nier non plus que conduire ce Touareg me plait, même s'il pollue, bouffe du carburant, des pneus et du volume urbain. La vie est cruelle...


La voiture
Modèle essayé : Touareg V6 FSI - suspension acier
Moteur, transmissions : 6 cyl. 3,6 L. injection stratifiée, transmission intégrale et boîte auto/séquentielle 6 rapports
Catégorie : SUV Luxe ; Prix de base : 49400 €
Sensations (route/4x4) : bonnes (3,5/5) ; très bonnes (4,5/5)
Qualité de finition : bonne mais perfectible : 3,5/5
Confort : bien
Notes globales dans le genre : 8/10