…Le VW Touareg 2007
Par Président le jeudi, 1 mars 2007, 18:42 - Automobile - Lien permanent
Le VW Touareg m'évoque beaucoup de bons souvenirs. Celui d'un essai
mémorable, début juin 2003, à Moab
(Utah, USA). Un trou perdu dans les Rocheuses, au bord du Colorado, et des
parcours de 4x4 de renommée mondiale, histoire de démontrer que le Toureg, tout
SUV soit-il, est un véritable franchisseur. Pour l'essai de cette nouvelle
version, le parcours Tunisien n'avait pour le coup vraiment rien de
cassant.

Lieu : Tunis et alentours
Hôtel : La
Résidence Aménités : bien
Charmante attention : Montre Suunto Observer
Dîner : bien
Tant pis. Pour les sensations, j'ai eu droit à quelques minutes en RaceTouareg et ça rattrapait bien la
pauvreté du parcours. Car ce n'est pas à travers les bouchons matinaux de
Tunis, quelques zones industrielles et une dizaine de petits kilomètres sur des
chemins de terre et de cailloux qu'on teste un 4x4. À la décharge de
l'organisation, on sait aussi très bien que 90 % de la clientèle n'ira jamais
chatouiller sa peinture avec autre chose que le pare-choc de la voiture de
devant lors d'un créneau en ville. Certes, l'organisation allemande avait prévu
un parcours 4x4, mais j'ai failli mourir de rire quand, assis à côté de
l'instructeur, j'ai réalisé qu'il n'enchaînait qu'un roulage sur du sable tout
à fait pratiquable par le plus commun des engins à quatre roues motrices. C'est
dommage car, je le répète, le Touareg est un véritable franchisseur marié à une
routière confortable, aussi à l'aise en baroud que sur autoroute. Je n'ai pas
pu, du coup, tester le nouvel ABS Plus censé améliorer le freinage en tout
terrain. L'idée est de provoquer un micro-blocage des roues qui doit amener à
accumuler un petit bourrelet de terre ou sable au devant des pneus afin de
mieux ralentir le bébé et ses deux tonnes presque un tiers.
Cet essai m'a donc permis de me focaliser sur autre chose, notamment les
quelques nouveautés technologiques proposées sur le véhicule, en plus des
détails esthétiques modifiés sur les faces avant (surtout) et arrière (un
chouilla). Sur ces dernières, les optiques et la calandre sont pour ainsi dire
les seules choses qui changent notablement. VW insiste aussi sur le nouveau
dessin des rétro extérieurs et du bequet arrière qui favorise le Cx en lui
faisant gagner un centième de point. Parmi les nouveautés, donc, VW a mis la
dose au niveau des aides à la conduite. J'ai apprécié le régulateur de vitesse
adaptatif qui sait respecter les distances (en fait un intervalle temporel)
avec le véhicule qui précère et freiner tout seul aller jusqu'à l'arrêt total
de la voiture. Ça fonctionne à merveille et, tant que le Touareg n'est pas à
l'arrêt complet, ça permet d'évoluer dans un embouteillage sans jamais avoir à
appuyer sur l'accélérateur ou le frein. Outre cela, les rétroviseurs extérieurs
disposent d'un système d'alerte qui se matérialise par des petites diodes
oranges lorsqu'un véhicule se situe dans l'angle mort ou est rattrapant. En
quelques minutes on s'y fait et, là encore, c'est assez efficace. Enfin, j'ai
apprécié à sa juste mesure le système audio Dynaudio (une option) qui sonorise
l'engin avec 600 watts de puissance et une dizaine de haut-parleurs. J'ai bien
aimé aussi le nouveau look de l'écran de l'ordinateur de bord intégré à
l'instrumentation. Sa définition est très bonne et sa lecture agréable. La
caméra de recul logée au dessus de la plaque d'immatriculation est également
une nouveauté, elle affiche une image dans l'écran central. À propos de cet
écran, le système de navigation et son écran multifonction, donc, auraient pu
eux aussi faire l'objet d'un lifting. Le système de VW fait aujourd'hui un peu
cheap par rapport à la concurrence. Il est compliqué, peu ergonomique
et qi plus est pas très esthétique.
Dommage également que le seul moteur ayant fait l'objet d'un toilettage est le
gros V8 de 4,2L. Il gagne 40 chevaux, consomme 1 litre de moins, mais ne sera
pas importé en France faute de clientèle pour ce type de motorisation. Eh oui,
sorti du TDI chez nous y'a plus personne. Beurk ! C'est pour cela que j'ai
insisté pour essayer une version essence et me suis rabattu sur le V6 qui est
un agréable compromis. Silencieux, il a suffisamment de pêche pour reprendre
quand c'est nécessaire, est assez souple pour rouler sur un filet de gaz en
ville et se marie relativement bien avec la boîte auto. Quant à sa conso, elle
est raisonnable mais de toute façon, je me demande en quoi celle-ci peut-être
un argument à charge par rapport au diesel. Quand on achète ce genre de
voiture, on doit normalement avoir de quoi remplir les 100 litres du réservoir
quand ça s'avère nécessaire. Non ?
Au chapitre des motorisations toujours, VW annonce qu'une version hybride verra
bientôt le jour mais n'en dit pas plus sur la technologie qu'elle utilisera.
Système à la Toyota ou à la Honda ? Essence ou diesel ? Et son
prix ? Mystère, mystère et mystère… Enfin, toutes les autres motorisations
sont maintenues, y compris le W12 de 450 chevaux.
Sur la route, le Touareg est plutôt plaisant à conduire. (J'en profite pour
signaler que l'état des routes tunisiennes est tout à fait convenable, en tout
cas dans les environs de Tunis. Je m'attendais à moins bien et mal m'en a
pris.) Il prend peu de rouli en virage, se comporte sainement (même si ce n'est
pas un BMW X3 bien
servi par son xDrive) et est plutôt confortable. On enroule les kilomètres sans
trop y penser. Certaines versions disposent d'un châssis sport un peu plus
efficace mais je n'ai pas pu l'essayer. Quant aux prestations 4x4, en me basant
sur mes expériences passées, j'extrapole une aptitude exemplaire à franchir à
peu près tout et n'importe quoi et je ne vois pas trop pourquoi il ferait moins
bien que sa première version 2002.
Parler d'un 4x4 n'est en soi jamais simple. En restant objectif, on sait très
bien que dans bien des cas ce genre d'auto n'apporte aucune valeur ajoutée à
ses propriétaires sinon celle d'avoir un engin plus gros que ceux de la
majorité des gens. À moins d'habiter à la montagne ou en zone désertique et
rocailleuse, tout le monde se fiche de savoir si son 4x4 sait franchir autre
chose qu'un séparateur de couloir de bus. Quant aux pays où ils sont utiles,
ces SUV sont aussi bien trop chers pour le commun des autochtones. Pourtant, ça
n'empêche pas Volkswagen d'en vendre des wagons. Plus de 300 000 dans le monde
en à peine quatre ans.
Toujours en restant objectif, je ne peux pas nier non plus que conduire ce
Touareg me plait, même s'il pollue, bouffe du carburant, des pneus et du volume
urbain. La vie est cruelle...
La voiture
Modèle essayé : Touareg V6 FSI - suspension acier
Moteur, transmissions : 6 cyl. 3,6 L. injection stratifiée, transmission
intégrale et boîte auto/séquentielle 6 rapports
Catégorie : SUV Luxe ; Prix de base : 49400 €
Sensations (route/4x4) : bonnes (3,5/5) ; très bonnes (4,5/5)
Qualité de finition : bonne mais perfectible : 3,5/5
Confort : bien
Notes globales dans le genre : 8/10
Commentaires
Je connais Moab, c'est vraiment étonnant. On peut tou y faire, mais il est vrai que le 4x4 est roi.