…Le RaceTouareg
Par Président le jeudi, 22 février 2007, 11:53 - Automobile - Lien permanent
J'apprécie toujours de monter aux côtés d'un pilote de course pour quelques
minutes d'un manège de luxe pour grand enfant (bien) gaté. Alors quand à
l'occasion de la présentation du nouveau Touareg VW nous propose de "faire un
tour" à bord du RaceTouareg à peine refroidi du Dakar, je ne suis
pas le dernier à mettre le casque.

La scène se passe sur une plage de Tunisie, à l'est de Tunis. Nous avons
rejoint ce bivouac de luxe après environ 2 heures de route et de chemin à bord
du nouveau Touareg (billet à venir). Sur le sable, deux RaceTouareg (modèles
2004 et 2005) attendent les co-pilotes improvisés que nous sommes. Aux
commandes, Yvan Muller et un pilote allemand dont le nom m'échappe. La veille
au soir, j'ai pu échanger quelques mots avec
Michel Perin, co-pilote de Carlos Sainz sur le Dakar 2007 et déjà vainqueur
de trois éditions, sauf erreur de ma part. Ce petit bonhomme souriant nous
raconte la fatigue qu'engendre ce genre d'épreuve, mais sur le coup, je suis
loin de me douter de la réalité de cette position — passager donc — lors d'une
étape de plusieurs centaines de kilomètres, et encore moins lorsque cela se
répète durant 15 jours.
Avant d'enfiler le casque, l'équipe technique me demande de retirer ma veste et
de passer une cagoule. Puis vient le grand moment. Pour s'installer à bord de
ce proto, il faut enjamber un seuil de porte placé très haut, ce qui exige
d'avoir encore un minimum de souplesse. L'habitacle est très étriqué et gavé de
boutons et instruments de bords, si bien qu'il n'y a guère de place pour
s'étaler. De toute façon,ce n'est pas le but. Un technicien me passe le harnais
et branche le système de communication qui permet de converser avec le pilote.
Il faut dire que le bruit du moteur donne l'impression d'avoir l'oreille collée
à la culasse de ce TDI de 2,5 L. qui développe autour de 280 chevaux. Ça semble
peu pour une voiture de course, mais ce n'est qu'une apparence. Quant à la
température intérieure, j'ai du mal à imaginer ce qu'elle peut être sur une
étape de désert car aucune ventilation digne de ce nom n'est là pour
raffraichir l'habitacle. On me dit qu'elle peut grimper au delà de 60 degrés,
ce que je crois sur parole.
Je suis tout d'abord très surpris par la position du siège, très basse. Après
le run, j'en demande la raison à Michel Perin. Elle est en fait évidente :
pour pouvoir faire passer facilement nos différents gabarits de journalistes à
bord, le baquet a été posé au plus bas. Les petits ne doivent vraiment pas voir
grand chose de la piste ! En revanche, Michel me dit qu'en course lui et
Carlos Sainz sont très hauts presque à toucher l'arceau avec le casque. Allez,
en piste !
Les premières secondes ressemblent à un film au ralenti. Le RaceTouareg prend
"tranquillement" sa motricité. Et puis tout s'accélère très vite. Le pilote
enchaîne les rapports de la boîte séquentielle et l'engin semble survoler le
sable tant il roule vite. Arrivent les premières bosses. Et là, ça secoue
vraiment. Je me crispe et me raidis sur le cale-pieds afin d'assurer le plus de
maintien possible. On file vers des dunes et quelques passages très accidentés,
mais si vite qu'on a peine à croire que c'est possible. La motricité est
phénoménale. Avec une garde au sol très élevée, on en est presque à faire
exactement l'inverse de ce que l'on apprend à faire en franchissement 4x4. Le
RaceTouareg attaque les obstacle de front et en ressort de face, le tout
quasiment sans donner l'impression de ralentir. On pourra toujours dire après
que les allemandes sont tape-cul et dures en suspension, ce n'est rien à côté
des allemandes... de compétition !
C'est à la lumière de ces quelques minutes, achevées avec un splendide dérapage
et une gerbe de sable, que je prends vraiment conscience de ce que vit le
copilote qui, en plus de sûbir la piste et le pilotage doit lire ses notes,
transmettre les indications au pilote et assurer si besoin est la navigation,
tout ça pendant des centaines de kilomètres et sur plusieurs jours, jusqu'à
quinze pour un Dakar complet.
Qu'on aime ou pas le rallye-raid, c'est vraiment une expérience
extraordinaire !
Commentaires
J'espère que ça ne t'a pas ruiné le dos. Dur métier, n'est-ce pas ?! ;-) Et ce Touareg facelift, il est comment Alors ?
Merci de ta sollicitude cher Georges. Il y a sans doute pire moyen de choper mal au dos mais le fait est que non, ça ne m'a pas ruiné les vertèbres. Pas plus qu'elles ne le sont déjà en tout les cas !