Lieu : Gran Canaria, environs de Las Palmas
Hotel : Sheraton
Aménités : Classiques
Charmante attention : Montre, bracelet "pneu"
Repas : classique

Le joli pneu que vous voyez au dessus est donc le dernier né de la gamme Eagle F1 de Good Year. Sa spécificité, c'est qu'il est asymétrique. Non, ça ne veut pas dire qu'il est fait pour tourner dans une seule direction mais que ses flancs sont conçus de façon à compenser la déformation imprimée lors d'une courbe et ainsi améliorer la valeur de la surface en contact avec le sol. En théorie, il en résulte une meilleure adhérence, un meilleur freinage, etc.
Après un petit briefing initiatique très intéressant, pour nous en convaincre, le pneumaticien met à la disposition des journalistes une quarantaine d'Audi TT et quelques ateliers un petit circuit de Gran Canaria, l'île principale de l'archipel des Canaries. Il fait beau et chaud, ce qui ne gâche certainement pas le plaisir. En tout cas, cette débauche de moyen compense celle mise dans les abo-minables chanteuses allemandes réquisitionnées pour massacrer -vocalement et instrumentalement- tous les classiques de la pop et du rock durant le dîner de la veille. De Dire Straits aux Beatles en passant par Clapton et tous les plus grands, elles ne nous ont rien épargné durant les deux heures qu'a duré le repas.

L'un de ces circuits est en réalité une piste de Kart et faire tourner des autos dépassant largement la tonne sur des pistes réservées à des engins d'à peine quelques dizaines de kilos est finalement assez amusant. La trajectoire très resserrée permet de jauger mieux qu'ailleurs la maniabilité de l'auto, mais aussi évidemment de comparer les résultats obtenus suivant les montes pneumatiques. Pour faire sa comparaison, GoodYear a monté une partie des Audi avec des Bridgestone Potenza qui, en valeur absolue, sont reconnus pour être d'excellents pneus. Ils ont même été primés par l'ADAC en 2006.
Sur la route, en conditions normales et avec une voiture familiale, il n'est pas facile de faire la différence entre deux montes. C'est déjà plus facile avec une sportive ; je me souviens d'un essai Maserati où la différence entre des Pirelli et des Michelin m'étais apparue comme évidente. Seulement voilà, le jour où vous devez changer vos pneus, vous avez rarement ce genre de joujou sous la main pour vous aider à décider. Les Audi TT ne sont pas des sportives extrèmes, mais ce sont des voitures au comportement irréprochable et franchement très amusantes à conduire (lire). Pouvoir jouer travailler avec sur circuit m'enchantait donc dès le départ. Des quatre ateliers proposés sur le circuit je n'en évoquerai que les deux plus parlant. D'abord parce que je n'ai pas eu le temps de réaliser le quatrième (saleté d'avion !) et ensuite parce que les résultats des tests d'évitement dépendent aujourd'hui au moins autant de l'électronique (ESP) que des pneus. À moins d'être monté en pneus lisses et rouler sur glace, il devient difficile de manquer son coup de volant avec une voiture moderne.

Le premier atelier circuit se déroule sur la piste de kart préalablement détrempée. Le test est réalisé en quatre phases. Des TT tractions et Quattro sont montées en Bridgestone et en Good-Year. L'exercice consiste à enchaîner les tours sur chacune des voitures et d'apprécier la différence de comportement. J'ai peine à l'écrire, mais sur route glissante, après avoir tourné en Good-Year, le Bridgestone donne l'impression de rouler avec des pneus lisses ! Feuilles de temps en main, il est facile de constater que l'écart d'adhérence de l'Eagle F1 est tout simplement spectaculaire. Cette gomme redonne de la motricité en sortie de courbe, évite le sous virage (même si l'électronique aide aussi lorsqu'elle est connectée) et permet de freiner bien plus court. Avec la TT traction, je fais près de 2 secondes de mieux sur un tour et l'écart est le même avec la Quattro (qui, entre nous soit dit, n'est qu'à peine plus efficace que la traction…).

Le second atelier se déroule sur un circuit sec. Malheureusement, un confrère a endommagé l'embrayage d'une des Quattro et je dois donc me contenter de faire la comparaison sur les tractions. Il faut dire que les autos souffrent largement plus que de raison. Elles sont malmenées et tordues dans tous les sens par des journalistes qui ne sont en rien pilotes. Un tour avec un essayeur Good-Year m'en convainc d'ailleurs rapidement. Sur cette piste bien sèche, la différence entre les montes est plus difficile à apprécier pour le simple mortel titulaire de son permis de conduire que je me considère être. Néanmoins, à l'attaque d'un virage, j'estime que l'Eagle m'autorise à freiner plus tardivement et, en sortie de courbe, ne nécessite pas autant d'angle dans le volant, gage d'une meilleure motricité lors de la remise des gaz. Franchement, c'est parfois si subtile qu'en conditions normales ni vous ni moi n'aurions de reproches à faire aux Bridgestone. mais un circuit ne pardonne rien car on y a la liberté de se laisser aller à pousser les voiture aux limites.
Me reste maintenant à connaître les prix de ces pneus qui ne seront disponibles qu'à partir d'un diamètre de jante de 17 pouces. S'ils sont compétitifs, la famille des pneus de haute perfomance aura sans aucun doute trouvé son nouveau maître.