…La gamme Seat FR
Par Président le lundi, 16 octobre 2006, 09:34 - Automobile - Lien permanent
Le credo de la marque Seat, c'est "pas cher et si possible sportif". Ça a au
moins l'avantage de permettre de ratisser large car globalement, les Seat sont
de bonnes voitures. Dans cette gamme, qui va de la petite citadine (Ibiza) au
monospace (Sharan), trois modèles bénéficient de la déclinaison sportive dite
FR (pour Formula Racing) : l'Ibiza, la Leon et l'Altea. Il y a aussi une
gamme encore plus sportive, appelée Cupra, j'aurai certainement l'occasion d'y
revenir.

Lieu : entre Toulon et Sainte-Maxime
Hôtel : Le
Beauvallon, ****, Sainte-Maxime
Aménités : bien
Charmante attention : Miniature Leon WTCC Scalextric
Dîner : bien
J'ai donc essayé les trois modèles FR dont j'ai volontairement boudé les
versions diesel pour m'intéresser aux moteurs à bougies. Sur l'Ibiza et
l'Altea, je vais faire court. La première est une bombinette très amusante
tandis que la seconde, monospace compact, manque un peu de rigueur et rend
l'intérêt de disposer de 200 chevaux un peu secondaire.
ForMidable
Sur le parking du terminal de Toulon, mes confrères (et consœurs d'ailleurs) et
moi-même sommes accueillis par Jean-Fabien (RP), Xavier (RP technique), Benoît
(Parc presse) et Cindy (stagiaire RP) de chez Seat. Nous sommes une quinzaine
de journalistes et il y a une bonne dizaines d'autos disponibles, je vais donc
pouvoir conduire tout seul. J'aime autant car l'expérience de la place passager
dépend vraiment de qui est au volant et, avec une auto de 200 chevaux sur les
petites routes, je préfère être celui qui tient le volant. J'ai envie de
commencer par la Leon que j'avais déjà eu l'occasion de tester lors de sa
présentation internationale en Espagne. Une bonne oreille La chance
veut que je tombe sur la seule qui soit équipée de la boîte DSG, le système de
boîte robotisée à double embrayage du groupe VW. "Très bon choix",
m'indique Jean-Fabien alors que je règle mes rétros. Couplée au moteur 2 litres
TFSI de 200 chevaux (le même que celui de la Golf GTI ou du coupé Audi TT
(lire essai)), je sais que
cette boîte a tendance à donner le sourire à son pilote, sourire que je renvoie
d'ailleurs en réponse à la remarque de mon hôte.
Moteur !
La première partie de l'essai se déroule sur 50 petits kilomètres surtout
constitués de la route Nationale (N98) qui relie Toulon à Sainte-Maxime. Nous
sommes attendus pour déjeuner à notre hôtel. Le temps est plutôt beau, la
température agréable et le repas est prévu en terrasse, les pieds dans l'eau.
Il me faut environ 45 minutes pour boucler le parcours, malgré un peu de
circulation et quelques déviations vers de salutaires départementales un peu
sinueuses. Car le propre de ce genre d'automobile, c'est de ronfler d'ennui en
ligne droite, surtout à 90 km/h sur nationale. Mais dès qu'on s'éloigne de
cette configuration, le plaisir revient.
Plus, moins, plus, moins… mes doigts volent sur les palettes de changement de
rapport situées derrière le volant. Mode sport enclenché, la boîte va sans
problème jusqu'au rupteur et attend l'ordre de passage du rapport supérieur.
Comme sur toutes les boîte DSG, le passage est instantanné et sans acoup. Que
du bonheur ! Dans les virages, le châssis (dit "agile") de la Leon fait
merveille. Le couple à bas régime du moteur turbo permet de reprendre même si
on reste sur un rapport haut, mais c'est dans les tours que j'aime faire
chanter ce bloc.
Bruit et sensation
L'habitacle de la Leon est plutôt bien insonorisé, aux antipodes de ce que l'on
pourrait attendre (ou craindre, c'est selon) d'une sportive. À tel point que je
me surprends à rester "en 4" dans les longues lignes droites de la nationale
alors que la boîte compte bien six rapports. La conduite et la maîtrise de
cette auto ne posent aucun problème particulier. Je veux dire par là que chez
Seat, on a bien compris qu'il fallait flatter le conducteur avec un véhicule
efficace mais néanmoins facile à conduire. Aussi n'importe qui peut facilement
s'amuser avec cette auto, les aides à la conduite (pour partie déconnectables)
étant là pour faire le boulot habituellement dévolu au pilote. Sur ce sujet,
outre ESP et ABS, Seat propose le DSR, un système qui incite le conducteur à
braquer dans le bon sens en cas de sous-virage par exemple. Matériellement,
cela se traduit par un durcissement du volant si on veut le tourner vers la
mauvaise butée et une facilité (d'où l'incitation) pour l'emmener vers le côté
salvateur et éviter le tout-droit fatidique. De vous à moi, si vous êtes
vraiment trop vite à l'entrée du virage, ce n'est pas ce système — ni aucun
autre — qui vous aidera à éviter la sortie de route. Quant à l'ESP
déconnectable, il n'est pas trop intrusif et permet un léger survirage avant de
déclencher son intervention.
Le seul défaut à la conduite que je recense sur cette auto concerne sa
direction. Je la trouve trop ample et pas assez informative : il faut
donner beaucoup d'angle pour passer les virages serrés, ce qui est incompatible
avec une conduite rapide soutenue, même sur circuit.
Côté confort, la voiture dont je dispose est chaussée de l'option 18 pouces (en
Pirelli PZero Nero 225/40) mais curieusement, j'ai une sensation de confort
supérieure à celle que j'avais eu lors de l'essai de la version sage (180
chevaux). Je suis de toute façon plutôt très bien installé et ne manque pas
trop de maintien latéral dans les enchaînements de virages.
Les accélérations de la leon sont franches (7,3 sec. pour le 0 à 100 km/h) et
les reprises sont toniques, même à basse vitesse et bas régime. Elles sont même
meilleures que celles procurées par le modèle TDI 170 chevaux à qui le bloc
essence rend pourtant 70 Nm de couple mais dispose de 30 chevaux de plus. Vive
le turbo !
Équipement et finition
Dois-je rappeler que les Seat puisent allègrement dans la banque d'organe VW
pour tout ce qui concerne leurs équipements ? C'est donc sérieux et
rigoureux. Mais, à la différence des VW, les Seat sont mieux équipés pour moins
cher à l'achat et le niveau de finition est très similaire. Tout juste
l'habitacle est-il un peu plus rustique dans son aspect (oui, c'est possible !)
et la tendance des plastiques un peu plus dure. Mais si le rapport
prix/équipement est une valeur capitale, franchement, n'hésitez pas. Et tant
que j'y suis, je signale aussi la connectique iPod disponible en option.
Budget
On aborde là le côté obscur de la médaille. Le 2 L TFSI n'est pas un modèle de
sobriété. Donné pour 7,9 litres au 100 kilomètres en cycle mixte, j'ai plutôt
le sentiment de faire 9 litres, même sans trop "taper" dedans. On pourra
toujours préférer la version mazout de 170 chevaux qui se vend 1000 euros plus
chers et est censée consommer 2 litres de moins aux cent kilomètres, mais pour
moi c'est une question de principe : le mazout n'a pas sa place dans une
voiture vendue pour procurer des sensations.
Quant aux tarifs affichés par cette Leon, ils sont pousse au crime
(routier) vraiment tirés vers le bas et accessibles aux plus
jeunes ! Songez que pour 24000 euros vous pouvez disposer d'une auto très
puissante et bien équipée ! Pour la boîte DSG, vous ajouterez 1500 euros
de plus et franchement ça en vaut la peine.
Bilan
Je commencerai ce bilan par la présentation en elle-même : pas trop de
chichi, une équipe sympa à tout point de vue, un hôtel plutôt calme (litterie
un peu molle, mais bon…), un peu vieillot mais qui n'en rajoute pas
inutilement.
Quant à la voiture, je dois admettre que j'aime bien. Elle procure des
sensations excellentes et à ce niveau de prix et d'équipement, elle est sans
concurrente. Bref, s'il vous faut une berline compacte de 200 chevaux bien
maîtrisés, rendez-vous chez Seat.
La voiture
Modèle : Seat Leon FR
Moteur, transmissions : 4 cyl. 2,0 L. turbo et injection directe, 2 roues
(AV) motrices, BVM 6 robotisée DSG
Catégorie : berline compacte ; Prix de base : 23990 €
Sensations : bonnes (4/5)
Qualité de finition : bonne mais perfectible : 3,5/5
Confort : bien
Notes globales dans le genre : 8/10 (le prix vaut bien l'octroi d'un demi
point supplémentaire)