LeonFR2006
Lieu : entre Toulon et Sainte-Maxime
Hôtel : Le Beauvallon, ****, Sainte-Maxime
Aménités : bien
Charmante attention : Miniature Leon WTCC Scalextric
Dîner : bien

J'ai donc essayé les trois modèles FR dont j'ai volontairement boudé les versions diesel pour m'intéresser aux moteurs à bougies. Sur l'Ibiza et l'Altea, je vais faire court. La première est une bombinette très amusante tandis que la seconde, monospace compact, manque un peu de rigueur et rend l'intérêt de disposer de 200 chevaux un peu secondaire.

ForMidable
Sur le parking du terminal de Toulon, mes confrères (et consœurs d'ailleurs) et moi-même sommes accueillis par Jean-Fabien (RP), Xavier (RP technique), Benoît (Parc presse) et Cindy (stagiaire RP) de chez Seat. Nous sommes une quinzaine de journalistes et il y a une bonne dizaines d'autos disponibles, je vais donc pouvoir conduire tout seul. J'aime autant car l'expérience de la place passager dépend vraiment de qui est au volant et, avec une auto de 200 chevaux sur les petites routes, je préfère être celui qui tient le volant. J'ai envie de commencer par la Leon que j'avais déjà eu l'occasion de tester lors de sa présentation internationale en Espagne. Une bonne oreille La chance veut que je tombe sur la seule qui soit équipée de la boîte DSG, le système de boîte robotisée à double embrayage du groupe VW. "Très bon choix", m'indique Jean-Fabien alors que je règle mes rétros. Couplée au moteur 2 litres TFSI de 200 chevaux (le même que celui de la Golf GTI ou du coupé Audi TT (lire essai)), je sais que cette boîte a tendance à donner le sourire à son pilote, sourire que je renvoie d'ailleurs en réponse à la remarque de mon hôte.

Moteur !
La première partie de l'essai se déroule sur 50 petits kilomètres surtout constitués de la route Nationale (N98) qui relie Toulon à Sainte-Maxime. Nous sommes attendus pour déjeuner à notre hôtel. Le temps est plutôt beau, la température agréable et le repas est prévu en terrasse, les pieds dans l'eau. Il me faut environ 45 minutes pour boucler le parcours, malgré un peu de circulation et quelques déviations vers de salutaires départementales un peu sinueuses. Car le propre de ce genre d'automobile, c'est de ronfler d'ennui en ligne droite, surtout à 90 km/h sur nationale. Mais dès qu'on s'éloigne de cette configuration, le plaisir revient.
Plus, moins, plus, moins… mes doigts volent sur les palettes de changement de rapport situées derrière le volant. Mode sport enclenché, la boîte va sans problème jusqu'au rupteur et attend l'ordre de passage du rapport supérieur. Comme sur toutes les boîte DSG, le passage est instantanné et sans acoup. Que du bonheur ! Dans les virages, le châssis (dit "agile") de la Leon fait merveille. Le couple à bas régime du moteur turbo permet de reprendre même si on reste sur un rapport haut, mais c'est dans les tours que j'aime faire chanter ce bloc.

Bruit et sensation
L'habitacle de la Leon est plutôt bien insonorisé, aux antipodes de ce que l'on pourrait attendre (ou craindre, c'est selon) d'une sportive. À tel point que je me surprends à rester "en 4" dans les longues lignes droites de la nationale alors que la boîte compte bien six rapports. La conduite et la maîtrise de cette auto ne posent aucun problème particulier. Je veux dire par là que chez Seat, on a bien compris qu'il fallait flatter le conducteur avec un véhicule efficace mais néanmoins facile à conduire. Aussi n'importe qui peut facilement s'amuser avec cette auto, les aides à la conduite (pour partie déconnectables) étant là pour faire le boulot habituellement dévolu au pilote. Sur ce sujet, outre ESP et ABS, Seat propose le DSR, un système qui incite le conducteur à braquer dans le bon sens en cas de sous-virage par exemple. Matériellement, cela se traduit par un durcissement du volant si on veut le tourner vers la mauvaise butée et une facilité (d'où l'incitation) pour l'emmener vers le côté salvateur et éviter le tout-droit fatidique. De vous à moi, si vous êtes vraiment trop vite à l'entrée du virage, ce n'est pas ce système — ni aucun autre — qui vous aidera à éviter la sortie de route. Quant à l'ESP déconnectable, il n'est pas trop intrusif et permet un léger survirage avant de déclencher son intervention.
Le seul défaut à la conduite que je recense sur cette auto concerne sa direction. Je la trouve trop ample et pas assez informative : il faut donner beaucoup d'angle pour passer les virages serrés, ce qui est incompatible avec une conduite rapide soutenue, même sur circuit.
Côté confort, la voiture dont je dispose est chaussée de l'option 18 pouces (en Pirelli PZero Nero 225/40) mais curieusement, j'ai une sensation de confort supérieure à celle que j'avais eu lors de l'essai de la version sage (180 chevaux). Je suis de toute façon plutôt très bien installé et ne manque pas trop de maintien latéral dans les enchaînements de virages.
Les accélérations de la leon sont franches (7,3 sec. pour le 0 à 100 km/h) et les reprises sont toniques, même à basse vitesse et bas régime. Elles sont même meilleures que celles procurées par le modèle TDI 170 chevaux à qui le bloc essence rend pourtant 70 Nm de couple mais dispose de 30 chevaux de plus. Vive le turbo !

Équipement et finition
Dois-je rappeler que les Seat puisent allègrement dans la banque d'organe VW pour tout ce qui concerne leurs équipements ? C'est donc sérieux et rigoureux. Mais, à la différence des VW, les Seat sont mieux équipés pour moins cher à l'achat et le niveau de finition est très similaire. Tout juste l'habitacle est-il un peu plus rustique dans son aspect (oui, c'est possible !) et la tendance des plastiques un peu plus dure. Mais si le rapport prix/équipement est une valeur capitale, franchement, n'hésitez pas. Et tant que j'y suis, je signale aussi la connectique iPod disponible en option.

Budget
On aborde là le côté obscur de la médaille. Le 2 L TFSI n'est pas un modèle de sobriété. Donné pour 7,9 litres au 100 kilomètres en cycle mixte, j'ai plutôt le sentiment de faire 9 litres, même sans trop "taper" dedans. On pourra toujours préférer la version mazout de 170 chevaux qui se vend 1000 euros plus chers et est censée consommer 2 litres de moins aux cent kilomètres, mais pour moi c'est une question de principe : le mazout n'a pas sa place dans une voiture vendue pour procurer des sensations.
Quant aux tarifs affichés par cette Leon, ils sont pousse au crime (routier) vraiment tirés vers le bas et accessibles aux plus jeunes ! Songez que pour 24000 euros vous pouvez disposer d'une auto très puissante et bien équipée ! Pour la boîte DSG, vous ajouterez 1500 euros de plus et franchement ça en vaut la peine.

Bilan
Je commencerai ce bilan par la présentation en elle-même : pas trop de chichi, une équipe sympa à tout point de vue, un hôtel plutôt calme (litterie un peu molle, mais bon…), un peu vieillot mais qui n'en rajoute pas inutilement.
Quant à la voiture, je dois admettre que j'aime bien. Elle procure des sensations excellentes et à ce niveau de prix et d'équipement, elle est sans concurrente. Bref, s'il vous faut une berline compacte de 200 chevaux bien maîtrisés, rendez-vous chez Seat.

La voiture
Modèle : Seat Leon FR
Moteur, transmissions : 4 cyl. 2,0 L. turbo et injection directe, 2 roues (AV) motrices, BVM 6 robotisée DSG
Catégorie : berline compacte ; Prix de base : 23990 €
Sensations : bonnes (4/5)
Qualité de finition : bonne mais perfectible : 3,5/5
Confort : bien
Notes globales dans le genre : 8/10 (le prix vaut bien l'octroi d'un demi point supplémentaire)