…Alfa Brera et Alfa Spider
Par Président le vendredi, 6 octobre 2006, 10:04 - Automobile - Lien permanent
C'est vrai, je triche un peu avec le titre. Ces essais ne datent ni
d'aujourd'hui ni d'hier mais de quelques semaines. Cependant, j'avais très
envie d'en dire quelques mots ici. Ne serait-ce que parce que cet essai m'a
donné l'occasion de poser mes valises au mythique Byblos de Saint-Tropez et que
depuis, je ne comprends pas en quoi il faut s'extasier sur cet hôtel (à moins
que ce soit le tarif affiché des chambres — rien à moins de 2500 euros la nuit
au prix tarif — qui provoquent des soubresauts de satisfaction !). Bref, il y a
finalement tellement peu de gens qui peuvent se permettre ce genre de
prestation que, hors saison, l'ambiance y est simplement mortelle
très reposante. Mais la n'est pas le propos.

Lieu : entre Nice et Saint-Tropez
Hôtel : Byblos, ****L, Saint-Tropez
Aménités : bien
Charmante attention : mitaines de conduite de la Maison Fabre
Dîner : correct
Spider
Tout d'abord, le Spider Alfa. On en douterait presque, mais ce n'est là que la
quatrième génération de cette appellation (le premier date de 1955, voir
photo). Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j'adore (l'ancien
comme le nouveau d'ailleurs). Surtout sa ligne. J'admets avoir un faible pour
les italiennes, c'est vrai, mais il n'y a qu'à voir le nombre de torticoli
créés par cette automobile partout où je suis passé avec elle (j'ai la modestie
de penser que c'est l'automobile qui provoquait toute cette attention !) pour
en être convaincu : elle a de la gueule.

Ce beau roadster est un vrai cabriolet, avec capote en toile (électrique)
dans le respect de la tradition (et tant que j'y suis, je ne comprends toujours
pas pourquoi certains de mes confrères s'appliquent à vouloir recapoter en
roulant et dénigrent systématiquement les systèmes qui interdisent cette
manœuvre dangereuse !). C'est encore un bon point car à de rares exceptions
près (VW Eos…), les lignes des CC sont généralement assez pataudes. Rien de
tout ça ici. malgré un gabarit plus qu'imposant et une masse quasi
pachydermique, le Spider est simplement magnifique. Il porte haut sa ligne de
caisse et encore plus haut ses épaules. Bref, il inspire le respect.
Avec ce Spider, il me semble d'emblée que l'intérieur a fait l'objet d'un peu
plus d'attention que les première série d'Alfa 159 que j'avais eu l'occasion
d'essayer. Si les assemblages sont bons mais encore perfectibles, l'ensemble
progresse. Le tout étant de bon goût. Même la version de base est très
correctement équipée, seule la sellerie de celle-ci m'a semblé un peu molle sur
le maintien latéral. Un défaut qui disparait quand on monte en gamme et qu'on
opte, par exemple, pour une sellerie cuir. Ah, si, j'allais oublier : les
comodos sont toujours aussi laids. Mais pourquoi Alfa n'a-t-il pas conservé un
design proche de ceux de la 147 ?
Pour démarrer, on glisse un badge dans une petite fente et on appuie sur le
gros bouton de mise en route. C'est à la mode et c'est surtout à se demander
pourquoi, alors que les premières automobiles à démarrage électrique
disposaient de ce genre de procédé, on en est venu à la clé pendant plusieurs
décennies (en fait je me doute que la réponse a à voir avec le Neman mais
j'avais envie de faire du mauvais esprit). Bref, moteur ! Je commence mon
essai avec le bloc 2,2 L JTS de 185 chevaux. Dans le parking du terminal de
l'aéroport de Nice, difficile de se faire une idée de sa sonorité, tout
simplement parce qu'une quizaine de Spider et Brera démarrent en même temps.
Une fois dehors, c'est plus clair. Les ingénieurs d'Alfa ont tant bien que mal
métalisé le son de ce quatre cylindres GM, mais il ne fait pas illusion :
on est loin d'un boxer ou d'un twin spark. Pour la fougue, il en a, certes,
mais pas assez eu égard au poids de l'auto, et il faut jouer de la boîte pour
relancer sans trop peiner. Cela dit, pour cruiser, c'est largement
suffisant, mais un turbo est finalement tout ce qui manque à ce quatre
cylindres pour le rendre amusant.
Sur le plan dynamique, le Spider pêche un peu côté rigueur. Le manque de
rigidité se traduit par une sensation de lourdeur en provenance de l'arrière,
sensation inexistante sur le Brera. Il faudra sans doute tester une version
plus musclée et dotée de suspensions plus dures pour se refaire une idée.
Brera
Le Brera, c'est donc le coupé (signé Giugiaro) qui a donné ensuite naissance au
Spider, lui même étant dérivé de la berline 159. Il en a donc les grand traits
et il en reprend également les motorisations et l'équipement principal. J'ai pu
le tester en version V6, avec un bloc 3,2 L. Holden développant 260 chevaux.
Sur le papier, ça ressemble au V6 Alfa, mais ça n'est pas le V6 Alfa. Même si,
là encore, les ingénieurs ont tenté de lui redonner un bruit, une musique
milanaise. Bon, on ne va pas bouder, on a vu pire.
Je ne vais pas m'attarder sur l'intérieur du coupé, sauf pour signaler qu'il
est doté d'un toit vitré en série, mais que sur les versions "de base", cette
vitre est occultée ! Bizarre vu de l'extérieur. En dehors de cela,
l'équipement est calqué sur celui du Spider et deux vraies fausses places
permettent d'installer de jeunes enfants à l'arrière.
Sur la route, là où le Spider manque de rigidité, le Brera est collé au
bitume ! La motricité (système intégral Q4 sur le V6) est exemplaire et
pour faire chanter les pneus il faut vraiment se donner du mal. Du coup, malgré
sa masse, il enroule beaucoup mieux les courbes et permet de se faire autrement
plus plaisir en pilotant. On est pas loin d'être à la croisée du coupé sport et
du grand-tourisme car le confort n'est pas sacrifié non plus.
Bilan
Commençons par ce que je regrette. Je l'ai dit, la rigidité du Spider m'a paru
perfectible, tout comme le brio de son 4 cylindres à qui il est temps de
greffer un turbo. En plus c'est à la mode. Dommage aussi que la nouvelle boîte
pilotée n'ait pas encore été disponible car d'après Alfa, son mode Sport est
amusant.
Ce que j'apprécie maintenant, ce sont les d'abord les lignes
sublimissima de ces deux autos, la tenue de route du Brera et, quoi
qu'on en dise, son V6 pas aussi mauvais qu'on a bien voulu l'écrire ça et là.
Transgéniques ou pas, ces Alfa s'inscrivent dans la tradition des grands coupés
et des cabrios maison. Au moins cette marque n'a-t-elle pas besoin de
s'inventer un passé pour exister.
Les voitures
Modèles : Alfa Spider & Alfa Brera Moteurs, transmissions : 4
cyl. 2,2 L. JTS, 2 roues (AV) motrices, BVM 6 et 6 cyl. en V 3,2 L, 4 roues
motrices (Torsen C)
Catégories : cabriolet ; coupé Prix de base : 36500 €
(Spider) ; 34000 € (Brera)
Sensations : cabrio : bonnes (3,5/5) ; coupé : très bonnes
(4/5)
Qualité de finition : bonne mais toujours perfectible : 4/5
Confort : bien, sauf sellerie des versions de base, un peu molle sur les
maintiens latéraux.
Notes globales dans les genre : 7,5 et 8/10