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Cela dit, tout ça se mérite. Le parc des Expo de la porte de Versailles est franchement mal gaulé et à chaque édition il faut se taper l'intégralité des halls si on veut être certain de ne rien rater. Il serait temps qu'ils nous trouve un endroit d'un seul tenant comme on en a ailleurs. Imaginez le chemin de croix quand, sirotant un bon espresso italien sur un stand du hall 1 on doit se résoudre à aller boire un jus d'orange dans un lounge du hall 4, et ce trois, quatre, cinq, dix fois par jour. Il faut vraiment avoir la foi et de bonnes chaussures.
Cela dit, ne vous empressez pas de prendre votre carte de presse trop rapidement. Sur certains stand, journaliste ou pas, si t'as des baskets tu rentres pas. Ces kislapètes sont d'ailleurs les mêmes que durant les journées grand-public. La seule différence, c'est qu'il y a moins de monde devant les barrières et que personne ne brandit son téléphone portable pour avoir la dernière Féfé en fond d'écran.
Transpiration
Je n'ai pas encore trouvé dans les règles de notre métier le chapitre qui dit qu'un journaliste doit transpirer quand il travaille, mais il doit forcément exister. Au Mondial, c'est chaque fois la même chose. Les journées professionnelles, il est censé y avoir moins de monde alors la clim est baissée. Résultat, la température ambiante voisine les 26-28 degrés. Après on s'étonne que certains passent leurs temps aux bars !
Déception
Cela dit, c'est peut-être un moyen voulu de faire diversion. Car je suis peut-être exigeant, mais pour moi 2006 ne sera pas un grand Mondial. Honnêtement, j'ai l'impression d'arpenter les allées de l'édition 2004, quelques rares nouveautés mises à part, et pas toujours très intéressantes. Chez les constructeurs français par exemple. La Twingo Concept (la future Twingo, donc), c'est du n'importe quoi. Prenez une Modus, ratatinez là un peu, et vous avez une voiture qui fait grosso-modo les dimensions d'une Clio I. Ouaiiiiiiiii… Mais pour attirer les objectifs, on l'a affublé de grosses roues histoire de faire sport. Ben oui, Carlos l'a dit, Renault se ruine en F1, faut que ça se voit dans la production. Chez Citroën, le C4 Picasso est certainement très bien pour qui aime le genre, mais on ne vas pas crier à la révolution ; d'autant que l'ancien (Xsara Picasso) est toujours au catalogue. Quant à Peugeot, un stand en forme de pétales de fleurs est censé faire croire que les voitures de Sochaux sont douées de vertus écolos. Si ça allait jusqu'à maintenant en s'améliorant, c'est vrai, le pire est peut-être à venir.
L'arnaque Flex
La grande arnaque du moment, c'est le carburant soit disant écolo, l'éthanol 85. Pour faire court, le bilan écolo-énergétique de ce carburant est catastrophique. Non seulement il coûte très cher à produire, mais surtout risque de mobiliser plus d'énergie pour en faire un litre que ce litre n'en délivrera et, enfin, nécessitera d'employer pesticides et autres cochonneries pour faire pousser sa matière première en abondance. Alors qui gagne à la fin ? Les céréaliers qui, comme c'est curieux, disposent d'un stand sur le salon cette année. On en rierait si ce n'était pas dramatique. Mais comme M. Prost a dit que c'était bien(1), alors c'est forcément bien. En attendant, Toyota-Lexus fait un carton avec ses voitures hybrides, et ça on peut le conjuguer au présent.
Babes
Si vous voulez aller au Mondial pour voir de belles hôtesses, c'est comme toujours chez Fiat-Lancia-Alfa que vous trouverez le premier choix, et en quantité. Un peu comme du caviar à la louche. Et comme on dit en Afrique : "looking is free". Cela étant, c'est aussi dans ce coin là (Hall 1) qu'on voit le plus de nouveautés, dont le concept Lancia Delta HPE (la future Delta) et la sublimissime Alfa 8C Competizione. Ça vous fera une bonne excuse.
VIP
Le premier soir, il y a la traditionnelle soirée d'inauguration pour laquelle il faut normalement un laisser-passer en bonne et due forme. En réalité, ce laisser-passer ne donne droit qu'à pas grand chose. La soirée d'inauguration, c'est un peu comme la Féria de Nîmes. Il y a les bars de rue, et les bodegas privées. L'organisation prévoit donc quelques buffets disséminés dans les allées où l'on peut facilement boire sa coupe et grignoter quelques canapés sucrés-salés. Le vrai challenge consiste à se faire accepter dans les espaces privatifs que certains exposants ouvrent pour "leurs" VIP à eux. Cela dit, question ambiance, on est souvent bien loin de la féria (et ça y sent aussi nettement moins l'urine, faut être honnête jusqu'au bout !) mais il faut dire que tout le monde a déjà au minimum 12 heures de salon dans les pattes.
Bilan
22h30, mon quota de faigue est atteint. La clim, même mal réglée, m'a brûlé les yeux. Dommage car c'est toujours quand on veut partir qu'on se rend compte que les meilleures opportunités professionnelles se profilent. Mais tenir une conversation sérieuse avec les yeux qui font office de feux de détresse me semble trop dur. Il est temps aussi de faire le bilan. Financier d'abord : si je compte les 3 heures de transport et le parking (je ne suis pas allé au parking gratuit mis à dispo pour la presse ce jour là car de toute façon, il était déjà plein à l'heure de l'ouverture), les quelques jus d'orange et autres boissons à bulles glanées au cours de la journée n'amortissent pas en valeur les dépenses du jour. Côté professionnel, de rares bons contacts et une nouvelle opportunité de collaboration qui se profile. C'est déjà ça, et c'est pas si mal.

(1) Dans la nouvelle émission de Ruquier sur F2 (On est pas couché, tous les samedi autour de 23h30), le chanteur énervant Renaud a eu ce mot juste : "Prost, qui vient prodiguer ses bons conseils pour la France alors qu'il paye ses impôts en Suisse ? De quoi il se mêle ?"