…la nouvelle Audi TT
Par Président le vendredi, 22 septembre 2006, 15:51 - Automobile - Lien permanent
Jérôme, le RP d'Audi, l'avoue lui-même pendant la conférence de presse qui suit les essais : "le nouveau TT est là pour "émotionnaliser" la marque". Bien d'accord avec lui ! Sans nier l'excellente qualité de fabrication des automobiles Audi, la recherche de perfection qualitative du constructeur s'est matinée d'une belle dose d'arrogance (oh le beau Q7 !) qu'il était temps de temporiser.

Lieu : environs de Prague
Hotel : Maximilian, ****, Prague
Aménités : classiques et correctes
Charmantes attentions : iPod shuffle 512 Mo, miniature Audi TT
Repas : simples, mais biens
Nous voici donc face à la nouvelle version du coupé TT. Il vient prendre la
relève du modèle original, apparu en 1998. La ligne générale de l'auto a été
conservée, ce qui n'est pas une mauvaise chose puisque celle-ci a toujours plu.
Tout juste a-t-elle été modernisée. Le châssis en revanche est spécifique à
l'auto et entièrement nouveau (l'ancien était basé sur celui de la plateforme
Golf/A3) et fait appel pour une grande partie à l'aluminium (140 kg en tout).
Cela se traduit d'ailleurs sur la balance : l'auto accuse un gain de poids
d'une vingtaine de kilos, selon le constructeur. Deux motorisations sont
disponibles pour notre essai ; le quatre cylindres 2 litres TFSI de 200
chevaux, et le 3,2 l. V6 de 250 chevaux associé à une transmission Quattro. Des
indiscrétions distillées par des confrères laissaient entendre que le "petit" 2
litres était plus amusant que le 6 cylindres, alors va pour le deux litres(1).
Après l'installation des valises dans le petit coffre (2 valises cabines et un
sac souple suffisent à le remplir), je prends place à bord avec mon co-pilote
d'un jour. Alors que je mets le contact, Philippe, le responsable technique
nous signale que les routes son piégeuses sur le parcours et qu'il convient de
faire un peu gaffe en sortie de virage. La recommandation est tellement rare
dans le milieu que nous convenons d'y prêter attention (ce que ne feront
visiblement pas quelques collègues quelques jours plus tard puisque j'ai appris
que pas moins de trois voitures avaient été abîmées durant d'autres sessions
d'essai).
Sorti de l'aéroport, la République Tchèque offre quasi instantanément ses
paysages de campagnes qui semblent pour certains encore figés dans les années
70. Les fans d'auto de l'ère soviétique doivent savoir qu'il y a encore
certainement de belles affaires à faire dans le coin : DAF, Yugo, Lada,
Skoda ou Traban sont légion dans les campagnes. Les routes sont sinueuses et
glissantes : Philippe n'avait pas tort. Le TT se montre malgré tout très
agile et difficile à prendre en défaut. Il faut dire qu'il nous a été
impossible de maintenir son ESP déconnecté plus de quelques dizaines de
secondes. Un réglage visiblement trop sensible l'embrayait systématiquement à
chaque passage de bosse. Autant dire tout le temps. Un défaut qui n'a pas
semblé toucher d'autres véhicules durant la session et qui doit donc pouvoir
être corrigé.
Puisque j'en suis à parler de bosses, je dois souligner ici le relatif confort
de l'automobile. Les sièges (en cuir de série et qui maintiennent très bien
latéralement) sont suffisamment bien conçus pour effacer une partie de la
rudesse de la suspension. Personnellement, je n'ai rien contre les voitures qui
marquent le passage d'un mégot de cigarette, mais en France si on ne dit pas
qu'une Allemande est ferme, on passe pour un dingue(2). Dernier point sur le
confort : les places arrières, qui ont le mérite d'exister, ne peuvent
servir qu'à de jeunes enfants.
La qualité d'assemblage de l'habitacle ne souffre pas la critique. Rien à
redire : ça ne vibre pas et c'est bien ajusté. Côté équipement, si ça
semble bien au premier coup d'œil, la fiche technique de la voiture nous
informe que celle-ci embarque dans les 5000 euros d'options qui nous
sembleraient plutôt bienvenues en série. Mais bon, c'est Audi, "nos clients
le savent et l'acceptent" nous dit-on souvent.
Côté moteur, je dois dire que c'est à mon sens le meilleur mariage qu'il puisse
avoir avec un châssis jusqu'à maintenant. Il m'a été donnée l'occasion de le
tester monté dans les VW Golf GTI et Eos, dans la Seat Leon FR ou encore dans
l'Audi A4 ou la VW Passat, il ne se comporte pas du tout de la même manière. Il
donne ici tout ce qu'il a (et il en a !) sur la quasi totalité de sa plage
d'utilisation. Du coup, on imagine fort bien ce que sa version poussée à 260
chevaux va pouvoir donner dans l'Audi S3.
Honnêtement, je me suis bien amusé dans cette auto, même sans pousser très
fort. Son comportement routier est très sain, le freinage nous a semblé
endurant et mordant dès l'attaque. Quand on découvre un tracteur en sortie de
virage, ça aide, même si on ne roule pas très vite. Bref, de la sécurité et du
fun pour ce coupé qui sort dès ce mois-ci chez les distributeurs.
La voiture
Modèle : Audi TT 2,0 l. TFSI
Moteur, transmission : 4 cyl., 2 litres turbo+injection directe d'essence,
2 roues motrices, BVM 6 vit.
Catégorie : coupé sportif
Prix de base : 34180 euros
Sensations : très bonnes, 4/5
Qualité de finition : très bonne 4,5/5
Confort : à mon goût, c'est à dire ferme avec ce qu'il faut de maintien
pour ne pas souffrir du dos.
Note globale dans le genre : 8,5/10
(1) Je n'ai conduit le 3,2 l. que sur trop peu de kilomètres pour pouvoir
donner un avis sur la voiture. J'aurai sans doute l'occasion de le faire plus
tard.
(2) Je n'aime pas l'amortissement des Renault, encore moins celui des Citroën
(récentes) et trouve celui des Peugeot juste acceptable.